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Interview de Vincent Villeminot, auteur Young Adult
18 mars 2018


Auteur d’une vingtaine d’ouvrages destinés aux jeunes adultes, Vincent Villeminot était à Livre Paris sur la scène Young Adult pour rencontrer son public. Il nous parle ici du fil rouge de cette édition 2018 : les écrivains face au monde.

Quel est votre rapport avec la jeunesse ?

Je rencontre une vingtaine de classes chaque année, parfois un peu plus. Pour être honnête, cela me demande un effort, car je suis plus à l’aise en petit comité. L’endroit que je préfère, c’est ma table de travail ! Pourtant, ces moments d’échanges présentent un réel intérêt : les enfants rencontrent un écrivain vivant et réalisent que l’écriture est une question vivante. Cela leur permet d’appréhender des questions telles que : Qu’est-ce qu’on écrit ? Comment on écrit ?

L’un de vos romans, Samedi 14 Novembre (Ed. Sarbacane), revient sur les attentats qui ont eu lieu en 2015. Pourquoi aborder un tel sujet ?

J’étais en colère face à un discours général mensonger. Il me semblait primordial de se demander : comment pouvons-nous continuer à vivre ensemble après un tel événement ? En d’autres termes, comment envisager nos relations à l’avenir, comment construire nos rapports ? Pour tenter de répondre à cette problématique, j’ai eu l’idée d’inventer deux personnages que tout oppose et de les enfermer dans un appartement durant deux jours afin d’observer leurs échanges. Pour moi, c’est là le rôle d’un romancier : regarder le monde.

Les écrivains face au monde est d’ailleurs le fil rouge de l'édition 2018 de Livre Paris. Qu’est-ce que cela vous évoque ?

De mon point de vue, il faut regarder le monde et ne pas se regarder soi. Que l’on aborde les problématiques environnementales, sociétales ou géopolitiques, le devoir de l’écrivain est d’écrire le monde tel qu’il est et non pas tel qu’il aimerait qu’il soit. Il doit œuvrer pour toucher une forme de vérité, un dépouillement du regard, tout en sachant que chaque lecteur le fera sien. Le livre est un formidable outil de liberté car il permet de détourner le regard, de fermer les yeux, de ne pas voir et d’inventer une autre image. Contrairement aux films ou aux séries, le roman ne peut pas imposer une image au lecteur. C’est pour cela que j’y suis particulièrement attaché.

Livres Paris 2018, pour vous, en un mot ?

L’immensité ! C’est excitant de se balader dans les allées du salon, de regarder tous ces stands de livres et de savoir que l’on peut y découvrir des pépites.

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