Les sites Omanais




  • Les sites omanais inscrits sur la liste du Patrimoine mondial



    Le Sultanat d’Oman peut s’enorgueillir d’abriter un riche patrimoine historique et culturel. Cela n’a pas échappé à l’Unesco qui a, dès 1987, inscrit au Patrimoine mondial d’importants sites omanais. Le premier à y figurer fut, en 1987, le fort de Bahla, suivi en 1988 par les sites archéologiques de Bat, Al-Khoutm et Al-Ayn. Viennent enrichir la liste : la Route du Loubban (la route de l’encens) en 2000, les Cinq Aflaj (systèmes d’irrigation) en 2006, et la cité historique de Qalhât en 2018.

    Voici les caractéristiques et la description de ces sites répertoriés et inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

    Le Fort de Bahla est situé dans la wilayat de Bahla, rattachée au Gouvernorat d’Ad-Dākhilīyah. Celui-ci comprend l’Oasis de Bahla avec ses souks traditionnels, ses vieux quartiers, ses mosquées historiques et sa muraille de près de 13 kilomètres construite à l’époque préislamique. Quant au Fort de Bahla lui-même, sa construction remonte au IIIemillénaire av. J.-C. Sa façade orientaleparcourt114 kilomètres et sa façade sud 112 kilomètres. La muraille de Bahla, qui s’étend sur près de 12 kilomètres et comprenant des balcons d’observation, des fenêtres de tir et des logements pour les sentinelles, a été manifestement conçue dans des buts défensifs.

    Le site de peuplement et les nécropoles de Bat, situés à Bat, Al-Khoutm et Al-Ayn dans la wilayat d’Ibri qui fait partie du Gouvernorat d’Adhahira, sont considérés comme des monuments archéologiques et historiques remontant au IIIe siècle av. J.-C. Ils sont situés à l’est d’Ibri. Les nécropoles sont de type Oum An-Naar dans la partie Sud et de type « nid d’abeille » (des cloisons concentriques en pierre) - du IIIe millénaire av. J.-C., dans la partie Nord.

    Elles ressemblent, dans leur architecture, à celles de la période Hafit. Une nécropole contenant 100 tombes construites en pierre montre une évolution du type architectural du « nid d’abeille » à celle « d’Oum An-Naar ». La différence entre les deux architectures est claire. Alors que le « nid d’abeille » ne contenait que deux à cinq tombes, celle « d’Oum An-Naar » était plus imposante. Un cimetière de ce type y a été par ailleurs découvert contenant trente tombes. L’importance historique de Bat est due à son emplacement à la croisée des anciennes routes du commerce. Les caravanes chargées de marchandises traversaient Bat vers les autres cités toutes proches. Signalons que l’inscription du site de peuplement Bat sur la liste du Patrimoine mondial a été associée à deux autres sites dans la même région, à savoir Al-Khoutm (Al-Wahra) et les nécropoles de la vallée d’Al-Ayn (Wadi Al-Ayn).

    Le site de la Route de l’Encens –Tariq Al-Loubban (le troisième à intégrer la liste du Patrimoine mondial en 2000) comprend un certain nombre d’anciens sites qui avaient été le centre de la production et de l’exportation de l’encens vers le monde. Les arbres à encens dans Wadi Douka et les vestiges des oasis à Alshaser, les ports de Khor Rori et Balid avaient contribué des siècles durant à l’essor du commerce de l’encens dans la région. Il s’agissait d’un des commerces les plus prospères et les plus dynamiques de l’Antiquité et du Moyen Age. Cette voie, appelée également « la Route de l’encens » était empruntée par les caravanes et était considérée comme le passage obligé des échanges entre Orient et Occident. L’arbre à encens était une marchandise à grande valeur ajoutée. Elle était également qualifiée d’arbre sacré en raison de sa grande importance dans les traditions et les rites religieux chez les Arabes, les Grecs, les Juifs et les Romains et de son usage dans les églises, les temples et les lieux de culte.

    Les sites ormanais

    En 2006, un quatrième site, les Aflaj, a été inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il s’agit de cinq réseaux d’irrigation (Aflaj) antiques (des rigoles creusées dans le sol et alimentées par des nappes phréatiques ou des wadis). Ce système hydraulique unique dans le monde a été inventé et mis en service par les Omanais il y a près de deux mille ans. Considéré comme le plus ancien système d’irrigation dans la région, il continue à servir de nos jours comme principal moyen d’irrigation et de distribution d’eau dans la plupart des villes et villages du Sultanat. Les cinq réseaux sont :
    • Le Falaj (singulier de Aflaj) de Daris dans la wilayat de Nizwa qui fait partie du gouvernorat Ad-Dākhilīyah
    • Le Falaj d’Al-Khatmeen dans le département de Birkat al-Moz
    • Le Falaj d’Al-Malki dans la wilayat d’Azki qui fait partie du gouvernorat d’Ad-Dākhilīyah
    • Le Falaj d’Al-Mouyasser, dans la wilayat d’Al-Rustaq qui fait partie du gouvernorat d’Al-Batinah du Sud
    • Le Falaj d’Al-Jeela, dans la wilayat de Sour, gouvernorat d’Ash-Sharqiya du Sud


    En 2018 un cinquième site a rejoint la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco : la cité historique de Qalahât (ou Galhat, Calahat, Calatù ou Keulhàt), située dans la wilaya de Sour (Sur), gouvernorat d’Ash-Sharqiya Sud. C’est l’une des anciennes capitales d’Oman. Elle abrite d’importants vestiges et sites archéologiques. Certains de ces vestiges sont encore débout comme c’est le cas de la Grande Mosquée, du Mausolée Bibi Maryam, de quelques monuments historiques et la muraille extérieure.

    Qalhât était un important port commercial qui reliait l’arrière-pays au monde extérieur. Elle a été décrite au XIVe siècle par le grand voyageur arabe Ibn Battouta comme un centre d’exportation de chevaux et de commerce d’épices alors que l’explorateur italien Marco Polo l’avait présentée, au XIIIe siècle, à l’apogée de son essor : un port prospère vers lequel affluaient en grand nombre les navires marchands venant d’Inde. Marco Polo a été aussi frappé par la splendeur de sa Grande Mosquée.

    A cette époque, la cité de Qalahât était l’une des plus importantes villes omanaises dépendant de la Perse sous les Ormuz. En contrôlant l’accès au golfe Arabique, la ville de Qalhât contrôlait par conséquent les voies maritimes commerciales entre le golfe Arabique et le Sud-Est asiatique, la Chine, l’Inde et la Perse. Cela lui a conféré une renommée mondiale à travers les siècles, devenant ainsi une destination privilégiée de voyageurs et d’explorateurs.

    Marco Polo s’y était rendu au XIIIe siècle au moment où la ville était à son apogée. Dans son livre, Le Devisement du Monde, il la mentionne sous son nom latin et la décrit comme très importante dans les échanges commerciaux de l'époque entre les différentes parties d’Oman et les navires marchands en provenance et en direction de l’Inde.

    Sa population est décrite sous la domination des princes d’Ormuz. A chaque fois que ce roi se trouvait, écrit-il, dans un conflit avec plus fort que lui, il se replie sur la ville imprenable de Qalahât en raison de ses puissantes fortifications et sa position stratégique. Il ajoutera que Qalahât est célèbre pour l’élevage des chevaux arabes de race qu’elle exportait vers l’Inde en quantité « dépassant l’imagination ».

    Quant au grand voyageur arabe Ibn Battouta, il décrit sa visite à Qalahât, cinquante ans après celle de Marco Polo, dans son livre de voyages « Touhfat un-nazzarfi gharaïb el-amsar wa ‘ajaïb al-asfâr ». Il s’émerveille devant la beauté de la ville, particulièrement sa mosquée d’architecture andalouse. Voici ce qu’il écrit : « On trouve à Qalahât d’excellents souks et une belle mosquée ornée de briques rouges construite sur une colline qui donne sur la ville et son port. Ses habitants sont des commerçants qui dépendent totalement des navires marchands en provenance d’Inde. » Samuel Barrett Miles, le résident britannique à Mascate de 1872 à 1880, décrit Qalahât - qu’il avait visitée en 1874 – dans son livre Le Golfe, ses pays et ses tribus et en donne une idée de ce qu’elle est devenue aujourd’hui : des restes d’une civilisation disparue que le tremblement de terre (survenu à la fin du XVe Siècle) avait rasée, ne préservant que quelques monuments et vestiges…

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