Flâneries littéraires

  • Les Flâneries littéraires

  • Marie-Rose Guarniéri, libraire aux Abbesses, présidente de l'association Verbes et fondatrice du prix Wepler et de la fête de la Librairie indépendante, grâce à la généreuse hospitalité de REED Expositions France, vous attire dans une nouvelle aventure... Tous ensemble, nous aimerions, par une pente douce, aider le public à aborder cette montagne qu'est le Salon Livre Paris. Comment ? En guidant les visiteurs à travers l'exceptionnelle luxuriance éditoriale réunie dans ce lieu unique. C'est ainsi que nous avons décidé de nous mettre aux portes du Salon Livre Paris 2019 et de tenter de faire accéder le plus grand nombre aux cercles invisibles de notre histoire littéraire...

    Nous allons proposer aux visiteurs du Salon de cheminer avec des chercheurs spécialistes de l'édition, des historiens, des écrivains, des éditeurs, des journalistes, diverses personnalités des sciences humaines et sociales qui feront apparaître les grands fantômes fondateurs du passé et réenchanteront l'univers du livre. Et les grands catalogues d’éditeur. Ce capital culturel dont nous sommes si riches, et dont nous avons fait la conquête acharnée, l'heure est venue de le dépenser sans compter afin de le transmettre au grand public!

    En partenariat avec la Librairie des Abesses et avec le soutien de La Sofia.

    Partenaires Flaneries Litteraires - Livre Paris 2019
  • Stand des Flaneries littéraires
    Vendredi 15 mars
  • 12h00
    “Du côté des mères” avec GENEVIEVE BRISAC
    Flânerie autour des grands romans qui ont comme sujet “La mère” de l’auteur, aimé, haïe, regrettée, idéalisée, oubliée


    Il s’agit ici de penser et d’écrire du côté des mères, ce côté si peu pensé, si mal et si peu dit. Mères opaques, mystérieuses, calomniées, trop aimées, abandonnées, perdues. Et cela à travers dix livres de dix femmes, dix écrivaines, dix génies, des filles, pour commencer, comme nous le sommes toutes. Mais n’y a-t-il pas une infinité de manières de l’être, fille de sa mère, et même une infinité de manières différentes au cours d’une seule vie ? Comme il y a une infinité de manières d’être mère, ce destin étrange, fascinant, banal et sidérant. Révoltant et magnifique. Et encore trop peu dit par la littérature. Des centaines d’années de domination masculine ont étouffé ces récits, ces poèmes, ces chants, ces éclats de rire. Et presque tout reste à repenser, à relire aussi.
    Evoquant La promenade au Phare, Virginia Woolf écrit : Je suppose que je fis ce que les psychanalystes font pour leurs patients : j’exprimai une émotion très ancienne et très profondément ensevelie. C’est ce qu’elles font toutes, ici, creuser au plus loin des chocs enfouis, des cruautés inévitables, des rencontres ratées, pour en faire de la beauté.

    Livre en dédicace : Chagrin d’aimer, Grasset, 2018

  • 15h00
    “Gourmand d’images et de mots” avec BENOIT PEETERS
    Benoît Peeters est un auteur particulièrement éclectique. Scénariste de la célèbre série de bande dessinée Les Cités obscures, il est aussi le biographe d’Hergé, Paul Valéry et Jacques Derrida. Dans Comme un chef (en collaboration avec la dessinatrice Aurélia Aurita), il a récemment révélé sa passion de la cuisine.

    C’est par les mots que m’est venue la passion de la cuisine : par exemple ceux de Roland Barthes sur la cuisine japonaise, dans L’Empire des signes. C’est par les livres que j’ai appris à cuisiner, et tout particulièrement dans La Cuisine gourmande de Michel Guérard. Récemment des auteurs de bande dessinée comme Jirô Taniguchi, Christophe Blain ou Etienne Davodeau ont su mettre en images la gourmandise. Et de grands chefs ont su la raconter, d’Auguste Escoffier à Ferran Adriàn.

    Livre en dédicace : Comme un chef, Casterman (2018)
  • 17h00
    “Les Américains à Paris” avec MARK GREENE
    Qu’est-ce qu’un Américain à Paris ? La réponse n’est-elle pas contenue dans le beau titre de l’événement qui nous réunit, à l’occasion du Salon du livre : les Flâneries littéraires ? Que faisaient-ils, ces écrivains et artistes américains du XXe siècle, sinon prendre du temps, le perdre, le laisser filer ? Arpenter les rives de la Seine, s’asseoir à la terrasse des cafés, s’imprégner d’Histoire pour mieux vivre le présent ? Se montrer indolents, dilettantes, joyeux et désespérés ? Un Américain à Paris, c’est un flâneur volontaire (un peu appliqué, non dénué de culpabilité) qui a traversé l’océan pour s’accorder le droit à l’entre-deux, au batifolage, à la dépense. Un mot me vient à l’esprit. J’ouvre le dictionnaire : TAYLORISME (v.1918 ; amér. de l’ingénieur F. Taylor). Méthode d’organisation du travail industriel par l’utilisation maximale de l’outillage, la spécialisation stricte et la suppression des gestes inutiles (petit Robert). Alors voilà : la littérature, Paris, les gestes inutiles… Vaste programme, pour une génération perdue.

    Livre en dédicace : Federica Ber, Grasset, 2018
  • Stand des Flaneries littéraires
    Samedi 16 mars
  • 11h00
    “La griffe du temps dans les romans” avec SOPHIE DIVRY
    La littérature, qu’elle le veuille ou non, capte, reflète, symbolise son temps, le met en images si elle ne le note pas dans l’urgence. Les écrivains sont situés dans leur siècle, et cela donne des formes et des tentatives différentes selon l’auteur et l’époque.
    On commencera cette flânerie par, évidemment, des écrivains russes, qui ont dû inventer des formes pour dire la violence, de manière directe ou métaphoriques. Puis nous verrons comment l’histoire du XXe siècle a griffé le roman, et enfin on pourra tenter de regarder quelques contemporains. Mon but à la fois de vous ouvrir ma bibliothèque et de réfléchir ensemble de ce que l’histoire fait à la littérature.

    Livre en dédicace : Trois fois la fin du monde, Notabilia, 2018
  • 14h00
    “Cœur de rocker” avec MICHKA ASSAYAS
    Des musiciens mettent leur cœur à nu
    Pour une raison qui m’a toujours échappé, les critiques et les libraires rangent souvent les écrits de musiciens dans une catégorie à part, réservée aux spécialistes. Quand je soutiens à des personnes croisées lors de rencontres littéraires que les Chroniques de Bob Dylan sont un des plus grands livres de langue anglaise de ces vingt dernières années, à égalité avec ceux de Coetzee ou Roth, on m’écoute poliment, pensant sans doute que la passion m’égare. Que Dylan ait reçu le prix Nobel de littérature depuis n’a rien changé à l’affaire : beaucoup y ont vu la provocation moqueuse de vieillards nostalgiques de leurs années de fumette. Et quand j’évoque les récits de musiciens obscurs comme Mark Oliver Everett ou Viv Albertine, dont l’honnêteté sans complaisance et la concision percutante peuvent rappeler Annie Ernaux, beaucoup se disent : je n’y connais rien, je vais être perdu. Les mêmes, pourtant, n’hésitent pas à s’embarquer, au hasard, dans des évocations touffues de l’Amérique de la guerre de Sécession, à laquelle ils ne connaissent rien non plus. Le rock, au sens très large, a été le réceptacle des expériences humaines les plus profondes du monde de l’après-Guerre. Je suis impatient de partager mon expérience de lectures avec des inconnu(e)s qui y trouveront peut-être la source de révélations sur eux ou elles-mêmes et le monde qui les entoure.
    Livre en dédicace : Woodstock, three days of peace and music, GM éditions, 2018
  • 16h00
    “Poètes... vos papiers” avec BRUNO DOUCEY

    Ils viennent d’Haïti, des États-Unis, du Québec, d’Allemagne, de France, de Grèce, d’Afrique ou d’Océanie, ils viennent d’ici ou d’ailleurs… « Ils », ce sont les poètes, hommes et femmes, que publient les Éditions Bruno Doucey, avec le désir de faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde et de déplacer nos lignes d’horizon. L’éditeur qui donne voix aux poètes se souvient de ces mots de Léo Ferré : « La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie ; elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche. »
    Bruno Doucey, poète-éditeur de poètes, et le comédien Gabriel Dufay feront entendre la voix des poètes dans les coursives du Salon du livre. Flânerie poétique ou voyage à travers mots… pour prendre le temps d’écouter et de vivre.
  • Stand des Flaneries littéraires
    Dimanche 17 mars
  • 11h00

    “La piste chantée” avec MAYLIS DE KERANGAL


    Comment marcher d’un livre à l’autre ? Comment la lecture d’un livre me porte-t-elle vers un suivant qui à son tour m’entraîne vers un prochain ? Si mes lectures semblent s’enchaîner sans programme, sans plan, selon une ligne d’erre au tracé aléatoire, faite de déroutages et de croisements fortuits, de rapprochements et de boucles, elles cartographient bientôt un territoire où trafiquent des fantômes, des images, des voix, des bruits, des chants : elles entrent en résonance. Miroitement de lieux, entrelacs d’échos, agencement de temps, expérience de la disponibilité et du décentrement : flâner est toujours une aventure qui me désoriente et me ressource. Une valise mexicaine côtoie un dictionnaire letton, un jeune garçon s’enfuit dans les maïs, d’autres fouillent une décharge à ciel ouvert, une jeune fille suit un homme en silence dans la montagne, une femme voyage, un loup approche.

    Livre en dédicace : Un monde à portée de mains, Verticales, 2018
  • 14h00

    “Guerre et pets” avec CAPUCINE et SIMON JOHANNIN


    L’humour, l’honnêteté et la fougue comptent à la fois parmi les meilleures armes de l’artiste, mais sont aussi d’excellents moyens de faire passer des idées qui, sous d’autres formes, pourraient en hérisser plus d’un. Voyage en terre de sédition, où celles et ceux qui regardent le monde le font depuis le bord où on en rit aussi, chacun à sa manière. A travers le temps et l’espace, voici quelques uns des livres croisés qui nous ont donné la force d’avancer jusqu’aux notres, qui ont su nous garder captifs par leurs regards incisifs et effrontés sur la société, ses questionnements, ses bouleversements.

    Livre en dédicace : Nino dans la nuit, Allia, 2019
  • 16h00

    “L’amour fou” avec SARAH CHICHE


    Dans un climat où tout brûle, les forêts calcinées par le réchauffement climatique ou les villes dévastées par les inégalités et la violence sociale, l’amour fou est une grâce, qui nous voue parfois à un très grand malheur - mais peut-être aussi l’un des ultimes espaces de dissidence et de liberté. Deux êtres se croisent. Leurs rêves les précèdent. L’espace s’altère. La réalité s’agrandit. La loi du jour devient trop étroite. Seule compte l’impérieuse nécessité de se consumer avec l’autre, dans l’autre. Mais toute fuite dans le pur dehors a son prix.

    Nous commencerons notre flânerie par Tristan et Iseut pour la terminer par l’histoire d’Ulrich et Agathe dans « L’Homme sans qualités » de Robert Musil. Entre ce départ et cette arrivée, Anna Karenine, une prostituée à Alexandrie, Dracula, la Lol V Stein de Marguerite Duras, Nora Barnacle et James Joyce, deux hommes qui, sous la Fronde aiment deux femmes qu’ils tremblent de perdre, une jeune prof de lycée éperdue d’amour pour une violoniste, un gardien d’hôtel et la mystérieuse occupante de la chambre 313, viendront à notre rencontre.
    "Suivi d'une lecture musicale de poèmes de Robert Desnos autour de l'amour fou, notamment d'extraits de "The Night of loveless nights". Lecture interprétée par le comédien Gabriel Dufay , accompagné par le violoncelliste Paul Colomb ."

    Livre en dédicace : Les Enténébrés, Seuil, 2019
  • Stand des Flaneries littéraires
    Lundi 18 mars
  • 14h00
    “De Tolkien à la fantasy contemporaine : mondes et merveilles” avec VINCENT FERRE
    Les amateurs de Harry Potter et de Game of Thrones lisent de la fantasy sans toujours le savoir. Cette flânerie racontera la naissance du genre en Angleterre au XIXe siècle, avec William Morris ; puis la transformation radicale qu’il connait lorsque J.R.R. Tolkien, alors Professeur à l’université d’Oxford, en vient à mêler diverses traditions européennes pour créer la Terre du Milieu, où se déroulent Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux, deux romans qui ont marqué des millions de lecteurs du monde entier. Pourquoi sont-ils aimés à ce point ? Le monde imaginaire en fantasy est-il synonyme d’évasion et de divertissement ; ou bien vise-t-il à amener les lecteurs à réfléchir au monde qui les entoure, en recourant au merveilleux pour mieux révéler ses beautés et ses dangers ? La flânerie évoquera, avec leurs éditeurs, de grands auteurs américains ainsi que la vague de la fantasy française, très vivante depuis quinze ans.

    Livre en dédicace : Lire JRR Tolkien. Tout ce que vous ne savez pas encore sur le seigneur des anneaux, Pocket, 2014
  • 16h00
    “Interprète-moi” : les fantômes de ma bibliothèque juive avec DELPHINE HORVILLEUR
    Une vieille légende juive affirme que si l’on se promène la nuit dans une bibliothèque et que l’on tend l’oreille, on entend les livres dire en Hébreu DARSHENI! « Interprète-moi ! ». À la manière de fantômes, certains livres nous appellent. Ils ne veulent pas juste être consultés mais interprétés, lus comme personne ne les a jamais lus, chargés de sens nouveaux qui ne leur ont jamais été donnés, c’est-à-dire secoués par un lecteur qui revisite le récit. J’aimerais donc proposer une Flânerie à travers des livres d’hommes et de femmes dont l’oeuvre est hantée par les textes traditionnels qu’ils réinventent chacun à leur manière. La tradition est revisitée par leur écriture comme un « revenant » qui viendrait appeler le lecteur ou se cacher entre les lignes.

    Livre en dédicace : Réflexions sur la question antisémite, Grasset, 2019

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