L'esclavage : Quel impact sur la psychologie des populations ?

  • L'esclavage : Quel impact sur la psychologie des populations ?

  • La conférence se déroulera le dimanche 17 mars 2019 de 13h00 à 14h00 sur la scène Polar (C 81)
    Table ronde sur l'esclavage, animée par le professeur Aimé Charles-Nicolas , co-auteur et coordinateur de l'ouvrage et sera en compagnie de Suzanne Dracius, écrivaine et directrice de la collection Idem campus.
    La conférence sera animée par le journaliste, essayiste Jean-Jacques Seymour.

    Aimé Charles-Nicolas a été professeur Emérite de Psychiatrie et d’Addictologie (Martinique, Paris), rédacteur en chef des Annales Médico-Psychologiques et chevalier de la légion d’honneur, Chevalier des palmes académiques.

    L’initiative lui revient de ce projet scientifique et culturel de grande envergure sur une question qui concerne les fondements de notre société.
    La question de l’esclavage n’est plus cantonnée dans le seul champ scientifique de la recherche historique, elle s’est installée dans l’espace public.
    Cet ouvrage vise à combler un vide conceptuel.
    Il s’agit de construire un corpus de savoirs sur les conséquences psychologiques de l’esclavage, problématique omniprésente dans tout l’hémisphère américain jusqu’ici intuitivement perçue par les uns et les autres mais qui n’a jamais fait l’objet d’un examen scientifique.
    Comment remonter le temps et retrouver les traces pertinentes autrement qu’en croisant les savoirs historiques, psychologiques, individuels et politiques ? Car les conséquences psychologiques actuelles ne sont pas en continuité linéaire avec les traumatismes initiaux, elles ont été remaniées par les contingences existentielles.

    À l’heure où les travaux psychiatriques précisent la clinique du traumatisme psychologique, où des travaux d’épigénétique démontrent l’existence de traces sur l’ADN des traumatismes psychologiques et leur transmission de génération en génération, à l’heure, enfin, où des travaux d’historiens mettent au jour la « voix des esclaves », il fallait faire le point, et on était en mesure de le faire, loin de toute posture victimaire.
    L’idée a été de faire se rencontrer (pour la première fois) historiens, psychiatres, anthropologues, politologues et généticiens qui avaient travaillé sur les stigmates de l’esclavage.
    Mais il ne fallait pas se limiter à la sphère francophone.
    Cet ouvrage est le fruit des échanges du colloque scientifique international qui a réuni des universitaires venus des quatre coins du monde notamment de diverses sociétés post-esclavagistes.

    L’une des conséquences psychologiques majeures de l’esclavage c’est cette construction d’une hiérarchie raciale si largement répandue dans les psychismes.
    Si l’esclavage n’a pas toujours concerné que des Noirs (antiquité romaine, Europe Centrale au Moyen Âge etc.), il a, à partir du XVIe siècle, changé radicalement de dimension, de rentabilité et de nature en étant composé exclusivement de Noirs. Une justification « biblique » (malédiction de Cham) puis « scientifique » (phrénologie, craniométrie, dérive évolutionniste) est venue consolider la rationalisation de l’infériorité du Noir et a produit une vision racialisée et racialement hiérarchisée de l’humanité.
    Cette construction psychique en se structurant durablement sur l’évidence de la couleur de peau a gagné un statut d’implicite difficile à remettre en cause.
    L’ouvrage expose des pistes de déconstruction de ce système de pensée.
    L’impact psychologique de l’esclavage ne concerne donc pas que les Noirs. La racialisation de la pensée était aux deux extrémités du fouet.

    Contact presse :
    Jean-Benoît Desnel (éditeur)
    paris@desnel.com
    Tél : 07 77 81 16 46

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