Interview de Yann Perreau

  • Yann Perreau

    Découvrez la Scène Polar avec son programmateur, Yann Perreau


    Pouvez-vous vous présenter ?

    Je suis le programmateur de la scène polar. Mon boulot : lire ou relire tout ce qui me semble intéressant et pertinent dans le domaine, paru entre septembre 2017 et mars 2018 en France. Rencontrer les éditeurs publiant de la littérature policière sous toutes ses formes (polar, roman noir, roman d’espionnage, thriller, etc.), découvrir des auteurs que je ne connaissais pas jusqu’ici. Concevoir ensuite des rencontres, des lectures, des tables rondes. Thématiser, croiser les genres (littérature blanche et littérature noire, de l’écrit à l’écran, etc.). Je suis aussi auteur de livres, critique littéraire, journaliste.


    La Scène Polar est une nouveauté à Livre Paris. Qui a été l’instigateur de ce projet et pourquoi ?

    Il me semble que c’est le directeur Sébastien Fresneau qui en est l’instigateur. Le roman noir est aujourd’hui l’une des littératures les plus prisées en France, où un livre publié sur cinq est désormais un polar. L’image de la littérature policière et de ses apparentés a beaucoup évolué depuis quelques années : longtemps considérée comme un genre mineur, elle est désormais plébiscitée par l’ensemble des lecteurs, y compris les amateurs de littérature dite « blanche ». Le polar est devenu le meilleur témoin de notre époque, dont il sait sonder les dérives et les excès (terrorisme, cybercriminalité, hacking, usurpations d’identité, etc.)

  • Scène de crime

    La Scène Polar sera dédiée à la littérature policière sous toutes ses formes. Quelles sont-elles ?

    La programmation décline ces différentes formes, genres et sous-genres des littératures policières :

    - True crime : genre en pleine effervescence, le true crime (les « histoires criminelles vraies ») vise à dépeindre la réalité des crimes et des criminels. Étroitement apparenté au journalisme, il se décline sous la forme d’enquêtes, d’investigations à propos d’affaires ayant réellement eu lieu. Invités sur ma scène : Philippe Jaenada, Yvan Jablonka, Patricia Tourancheau, etc.

    - Thriller : ce qui fut longtemps considéré comme un « sous-genre » du polar se révèle l’un des lieux de création littéraire les plus foisonnant à l’heure actuelle. Il suffit de lire Karine Giébel ou Franck Thilliez, invités sur ma scène.

    - Il y a aussi le roman d’espionnage, qui sera représenté ici par des auteurs considérés comme littéraires (Nicolas Richard, Doc Lynch) ; le roman noir, dont se revendique la majorité des écrivains invités. Et puis le polar rural, une nouvelle école pourrait-on dire, portée par Franck Bouysse, mais aussi tous ces polars venus de l’est de l’Europe qui feront l’objet d’une autre rencontre. Il y a ces auteurs de polar qui sont d’anciens juges, détectives, médecins légistes ou inspecteurs de police. Ils forment un genre à part, où l’expérience personnelle du métier se mélange à l’imaginaire. Je les appelles des « true detective ». Et puis les scénaristes de séries télé ou de ciné s’apparentant au genre, qui sont souvent également auteurs de polar.

  • Thriller

    L’un des rendez-vous de la Scène Polar s’intitule « Ce genre littéraire impur ». La littérature policière est-elle décriée ? Si oui, quels sont les principaux arguments de ses détracteurs et qu’auriez-vous à leur répondre ?

    C’est toute l’histoire, passionnante, du roman noir qu’il faudrait convoquer pour répondre à cette question. Le polar fut longtemps considéré comme un genre peu noble, synonyme de roman de gare, donc peu enclin à appartenir à la « Littérature ». On publiait à part, dans des collections estampillées « polar », cette littérature populaire. Les auteurs durent même prendre des pseudonymes pour publier ce type de livre (voir à ce sujet Romain Gary et tant d’autres). D’où cette séparation que je trouve comme beaucoup d’auteurs ridicule d’ailleurs, entre littérature dite « blanche » et littérature dite « noire ». C’est le même snobisme dont fut également victime la science fiction, ou encore la littérature fantastique.

    Bref, tous les genres de littératures populaires. En fait, à y regarder de plus près, les plus grands romans de l’histoire de la littérature partent d’une énigme - disparition, crime, usurpation d’identité, etc. On pourrait donc dire qu’ils sont, d’une certaine façon, des romans noirs ! J’ai voulu rendre compte de cela dans cette thématique. Montrer comment des auteurs comme Philippe Djian, Yves Ravey ou encore Monica Sabolo jouent, d’une certaine façon, avec les codes du polar dans des livres que l’on ne considère pas comme tels.

    Pour permettre à nos lecteurs de mener l’enquête, pourriez-vous nous dévoiler le nom de l’événement dont vous êtes le plus fier… sous forme d’énigme ?

    Qu’est ce qui est à la fois réel et faux, personnage de fiction et être de chaire et d’os, imaginaire et bien réel, et donna naissance à l’une des meilleures séries télé de la dernière décennie ?

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